Histoire

Selon Daniel Delattre*, le village d’Ardelles se serait appelé Ardelloe.

En 1223, le seigneur d’Ardelles, Manerius, aurait accordé les dîmes du village, autrement-dit le fruit d’un impôt, aux religieuses de Belhomert. Les cartes IGN mentionnent d’ailleurs encore un terrain au sud-est du bourg nommé ‘la dîmerie’.

Le bourg Aubert, aurait eu un seigneur, Albert Ribaut, cité dès 1059.

La Coudraye, une baronnie du XVIIe siècle entourée de douves, existe toujours et est aujourd’hui une propriété privée.

La ferme de la Coudraye occupe un grand carré de plus d’un hectare, encore entouré de ses douves sur trois côtés.
Les bâtiments remontent au XVIIème siècle pour les plus anciens : colombier et un élégant bâtiment rectangulaire, à toiture à quatre pans. Ce bâtiment, appelé l’audience, indique que le seigneur avait droit de justice et que là se tenaient les procès qui relevaient de sa juridiction.
Au sud, un grand bâtiment du XVIIIème siècle sert aujourd’hui de grange.
De hautes ouvertures rectangulaires, bouchées, telles des fenêtres d’église, semblent justifier son appellation de chapelle.
Le bâtiment contigu, plus bas, avec deux courtes ailes, était peut-être le logis seigneurial.
Sur le côté sud les douves, canalisées, offrent un charmant effet de petite Venise.
Les deux étangs, dont le plus grand existait encore en 1737, ont été comblés.

 

L’église Notre-Dame est un petit édifice avec des fenêtres du XVIe siècle rénovées et ayant perdu leurs décors.

Datant de l’époque romane, l’église a été incendiée pendant les guerres de Religion, le 15 mars 1558 ou 1568, comme en atteste une inscription sur l’entrait du choeur. Il n’en est resté que le chevet à trois pans et une travée comportant des fenêtres gothiques.

Les ouvertures de la nef et la façade ont été reconstruites.

L’intérieur conserve un retable du XVIIème siècle en bois peint et doré portant les armoiries sculptées la famille Boulainvilliers, seigneurs de la Coudraye sur la paroisse. Quatre colonnes cannelées encadrent des tableaux représentant au centre la Présentation au temple, la Vierge et saint Joseph sur les côtés. Les faces du tabernacle sont également ornées de petits tableaux.

La grande pierre tombale devant l’autel est celle d’Abraham de Boulainvilliers, mort en 1667. Elle porte un curieux sonnet, illustré d’une tête de mort, rappelant que cette famille prétendait descendre des rois de Hongrie.

* ‘L’Eure et Loir. Les 406 communes’, Daniel Delattre, Emmanuel Delattre, Nathalie Delattre-Arnoud; Editions Delattre, Granvilliers, France, 2003